Évaluation, bégaiement, bilinguisme, Langage - Dév., Langage - Troubles acquis, Langage écrit, Maladie dégénérative, Parole, Préscolaire, Scolaire, Voix

Tool2Care : Un moteur de recherche pour trouver des tâches d’évaluation

Qu’est-ce que Tool2Care ?
Tool2Care est un moteur de recherche pour les outils d’évaluation en orthophonie/logopédie et en psychologie. Voici le site : https://tool2care.uliege.be/.

Quel est l’objectif de Tool2Care ?
L’objectif est de guider les professionnel.les dans le choix des outils d’évaluation grâce à un moteur de recherche simple et efficace. L’outil offre des informations accessibles et compréhensibles en ce qui a trait à la psychométrie des tests.

Tool2Care sera lancé le 26 avril
Une grande soirée de lancement Tool2Care se tiendra le mardi 26 avril de 18h à 20h (heure de Belgique) en mode hybride : à l’université de Liège et à distance. Les invités seront Jacques Grégoire, Christelle Maillart  et Sylvie Willems. Vous avez jusqu’au 20 avril pour vous inscrire gratuitement à cette soirée de lancement via ce lien : https://forms.gle/PMGZ7Mt6g8M7Q4Xc6

Ce projet ambitieux aura par ailleurs besoin de votre soutien financier pour poursuivre son aventure. Si vous avez envie de soutenir le projet de la coopérative Tool2Care afin d’offrir une évaluation « evidence-based » à vos patient, rendez-vous ici : https://forms.gle/AdiotkM9cfSMsSe28.

Voici la programmation de la soirée de lancement :

Merci de diffuser dans vos réseaux !

Fait au Québec, Gratuités, Langage - Dév., Préscolaire

Un nouvel outil pour observer l’interaction parent-enfant

Photo par Artem Podrez sur Pexels.com

Titre de l’article

Présentation de l’outil « Comportements observés du parent en interaction avec l’enfant » (COPI): Un outil permettant d’observer les comportements parentaux importants pour le langage (Sylvestre, A., Di Sante, M., Brassart, É., et Leblond, J., 2021)

Pourquoi on s’y intéresse ?

La contribution de l’interaction parent-enfant au développement langagier n’est plus à démontrer. La qualité de l’interaction parent-enfant constitue une base essentielle à mettre en place avant même de pouvoir penser à intégrer des techniques de stimulation du langage pour atteindre divers objectifs langagier chez les jeunes enfants. Dans cet article, on vous présente un outil validé (et développé au Québec!) qui permet d’observer de façon exhaustive les comportements parentaux associés au développement langagier des jeunes enfants.

Un brin de méthodologie

Cet article présente le processus d’adaptation d’un outil d’observation développé par des chercheurs du domaine de la psychologie (Maternal Behavior Rating Scale-Revised (MBRS): Mahoney, 2008) pour qu’il soit plus adapté au contexte du développement langagier. Cette adaptation a mené à la validation d’un nouvel outil intitulé Comportements observés du parent en interaction avec l’enfant (COPI).

Processus d’adaptation du MBRS au COPI: visionnement de 48 vidéos d’interaction parent-enfant à l’aide du MBRS pour en clarifier les définitions des comportements parentaux (ainsi que les exemples de ces comportements, et les indicateurs associés à chaque score attribué). Plusieurs aller-retours entre les vidéos et la grille ont été effectués pour ajuster et bonifier la grille d’observation. Les nouvelles définitions ont été validées auprès d’orthophonistes et de chercheurs dans le domaine du développement langagier. L’outil résultant de ce processus d’adaptation se nomme le COPI.

Validation du COPI: Les données permettant l’étude de validation découlent de l’étude longitudinale ELLAN. Des enregistrements vidéos de 95 dyades parent-enfant tirés de la population générale (enfants : 42 mois) lors d’une période de jeu libre de 15 minutes avec une sélection de jouets pré-établie ont permis de valider la nouvelle structure de la grille COPI. Ces vidéos ont été codifiés a postériori: un accord interjuge satisfaisant a été calculé sur 20% des vidéos.

Résultats et interprétation

L’outil COPI

La validité de construit et de structure robuste de l’outil sont confirmés par des analyses factorielles. L’outil final comprend donc 10 dimensions réparties au sein de 4 domaines de l’interaction parent-enfant qui sont distincts les uns des autres (voir tableau ci-bas).

Pour chaque dimension, un score est attribué sur une échelle Likert de 1 (jamais ou très rarement présent) à 4 (toujours ou presque toujours présent). L’outil final comprend des descriptions et exemples de chaque domaine et dimension. Des indicateurs sont associés à chaque score possible pour faciliter la cotation. Les scores élevés à l’accord interjuge entre les codificateurs suggèrent que les définitions, exemples et indicateurs pour chaque dimension sont suffisamment précis pour diminuer la sbjectivité inhérente à ce type d’observation.

Domaines Dimensions
La réponse à l’enfant (4 dimensions)Sensibilité aux intérêts de l’enfant
Réactivité
Réciprocité
Créativité
Contrôle (2 dimensions)Directivité
Rythme
Appui au développement (1 dimension)Stimulation
Affect (3 dimensions)Plaisir
Chaleur
Acceptation

Voici des exemples de l’outil, tirés de son manuel (disponible sur demande en écrivant à l’auteure de correspondance ou à l’équipe du projet ELLAN : Audette.Sylvestre@fmed.ulaval.ca ; projetellan@cirris.ulaval.ca)

– Une des limites principales de cette étude est que ces domaines et dimensions de l’interaction importants pour le langage découlent d’une recension des écrits scientifiques qui, le plus souvent, ont été réalisés auprès d’enfants de pays occidentaux et généralement entre 3 et 5 ans. Ce ne sont peut-être pas les mêmes dimensions de l’interaction qui comptent pour les enfants plus jeunes, les plus vieux, ou ceux dont les caractéristiques sociodémographique diffèrent de l’échantillon de validation.

Dans mon bureau

  • Je note que le but du COPI n’est pas d’évaluer le parent ou d’offrir des « normes » relatives à ces comportements. Il s’agit plutôt d’un outil qui permet d’observer les interactions parent-enfant à un moment précis et de fournir un langage commun sur lequel les orthophoniste et spécialistes du développement langagier peuvent s’appuyer pour décrire des comportements parentaux qui sont importants en matière de langage pour les enfants et déterminer les ajustements appropriés pour un enfant donné.
  • Je lis l’article intégralement (en accès libre, merci à la RCOA) et contacte l’auteure de correspondance de l’outil (Audette.Sylvestre@fmed.ulaval.ca ou projetellan@cirris.ulaval.ca) pour obtenir une copie de l’outil COPI.
  • Si cela m’intéresse, et pour m’assurer de bien utiliser l’outil dans le cadre de ma pratique clinique, je participe aux activités de formation continue du projet ELLAN, adressées aux orthophonistes, dont une permet de mettre en pratique l’outil COPI à l’aide d’analyses de cas et vidéos (***formation du 17 février COMPLÈTE. Il reste des places pour la formation du 10-11 février, qui est ajustée à l’horaire de l’Europe (sur deux après-midi). D’autres dates seront annoncées pour l’automne 2022.)
  • Le plus important: je prends un pas de recul pour m’intéresser plus largement à la qualité de l’interaction parent-enfant, d’abord et avant de plonger dans l’enseignement de stratégies ou techniques de stimulation ciblant le langage des enfants spécifiquement (p.ex., reformulation/recasts).

Référence complète

Sylvestre, A., Di Sante, M., Brassart, É. & Leblond, J.(2020). Présentation de l’outil « Comportements observés du parent en interaction avec l’enfant » (COPI): Un outil permettant d’observer les comportements parentaux importants pour le langage. Revue canadienne d’orthophonie et d’audiologie, 45(2), 99-112. ACCÈS LIBRE ICI.

Intervention, Langage - Dév., Préscolaire

Une intervention langagière auprès d’enfants d’âge préscolaire présentant un trouble développemental du langage peut-elle améliorer les troubles du comportement ?

Titre de l’article

Language development and behaviour problems in toddlers indicated to have a developmental language disorder (Vermeij et al., 2021)

Ce résumé a été rédigé par Julie Cattini. Julie est orthophoniste au Luxembourg, elle adore lire des articles pour mieux prendre en charge ses patients et elle aime aussi partager ses lectures. Un énorme merci à Julie pour toutes ses contributions au blogue!

Pourquoi en parler ?

Les personnes présentant un TDL peuvent, pour un certain nombre de raisons, être exposés à un risque accru de troubles émotionnels et comportementaux comme la dépression, les troubles anxieux et les troubles de comportement et de perturbation. Les malentendus de communication dans les contextes interpersonnels augmentent les conflits et perturbent les relations avec la famille et les pairs, tandis que les retards dans l’utilisation du langage pour l’auto-apprentissage favorisent une dysrégulation émotionnelle persistante ou prolongent l’utilisation de stratégies problématiques, telles que l’évitement ou le comportement agressif.

Selon l’étude de Yew & O’Kearney (2013), les personnes présentant un TDL sont environ deux fois plus susceptibles que leurs pairs de présenter des problèmes émotionnels et plus de deux fois plus susceptibles de présenter des troubles du comportement.

Contexte théorique de l’étude

Les jeunes enfants atteints de TDL âgés de moins de six ans présentent aussi un risque plus élevé de développer des troubles comportementaux internalisés et/ou externalisés, avec des prévalences rapportées allant de 30 à 56 % contre 10 % dans la population générale. La nature de la relation entre trouble du langage et trouble du comportement n’est pas claire. Toutefois, les données empiriques suggèrent que la relation entre les troubles langagiers précoces et les problèmes de comportement ultérieurs est plus forte que l’inverse.

Dans ce contexte, la question se pose de savoir comment évolue les troubles de comportement à la suite d’une intervention langagière. Des résultats encourageants émergent dans ce domaine (voir Curtis et al. (2019) pour un exemple).

Objectif

Étudier si les changements dans les compétences langagières sont liés à des changements au niveau des troubles du comportement internalisés et externalisés.

Un brin de méthodologie

  • Participants

    185 enfants (150 garçons ; 35 filles) présentant (fort probablement) un TDL.
    Âge : 26 à 45 mois (moyenne : 38)
    QI non verbal > 80
    Profil langagier : 17 % présentaient des problèmes dans un seul domaine du langage (vocabulaire ou morphosyntaxe) ; 53% présentaient des problèmes au niveau réceptif dans au moins un des deux domaines.
    30% de l’échantillon présente un trouble du comportement internalisé et/ou externalisé

  • Intervention

    Équipe pluridisciplinaire : 2 enseignants de l’école maternelle, un orthophoniste et un psychologue.
    Fréquence : 3 matinées par semaine.
    Types d’intervention :
    – Une intervention en groupe : activités de routine quotidiennes, jeux de développement, stimulation du langage
    – Une thérapie orthophonique individuelle (15 à 20 minutes
    – Une formation destinée aux parents : 1) stratégies de facilitation du langage ; 2) l’utilisation des signes et des gestes.

  • Mesures

    Quatre tests normés permettant d’évaluant le vocabulaire et la morphosyntaxe sur le versant réceptif et expressif.
    Questionnaire parental concernant le comportement de leur enfant

  • Procédure

    Collecte des données au début de l’intervention (± 3 mois) et à la fin de l’intervention.
    Le temps entre les deux évaluations variait de 91 à 646 jours.

Résultats

1) Les résultats montrent une corrélation entre les mesures réceptives du langage et les troubles du comportement, mais pas avec les mesures en expression.

2) Seuls 10 à 30% des enfants ayant un déficit au niveau réceptif et/ou expressif en morphosyntaxe montrent une évolution significative de leurs compétences langagières. En revanche, 63% des enfants présentant un trouble du vocabulaire en expression montrent une amélioration significative.

3) Les scores obtenus au questionnaire parental ne montrent pas de changement des troubles du comportement internalisés et externalisés, tant pour les sujets montrant une amélioration significative des compétences langagières que pour les sujets ne montrant pas d’évolution significative. Les analyses de régression linéaires amènent aux mêmes résultats.

Conclusion

Cette étude a cherché à savoir si une évolution des compétences langagières chez les enfants d’âge préscolaire souffrant d’un TDL était liée à une modification des troubles du comportement. Les résultats ne montrent aucune différence significative pour aucun des quatre domaines du langage, ni pour l’échantillon total, ni pour les enfants présentant des niveaux plus élevés de problèmes de comportement lors du pré-test.

Cette étude montre toutefois plusieurs limites dont les suivantes :

  • Peu d’enfants ont montré une évolution langagière significative
  • La durée de l’intervention est courte
  • Les évaluations initiales ont eu lieu après trois mois d’intervention pour certains participants (cela est dû au fait que les données sont tirées de la pratique clinique)

Dans mon bureau

√  Je prends conscience de l’importante co-occurrence des troubles développementaux du langage et des troubles du comportement pour informer, soutenir et, si nécessaire, orienter mon patient et sa famille.

√  Je garde en tête que la nature de la relation entre trouble du langage et du comportement reste sujette à de nombreux questionnements. Je suis donc prudente quant à l’hypothèse d’une amélioration du comportement de mon patient par le biais du suivi orthophonique.

√ J’informe les parents que : 1) le comportement prosocial est un facteur de protection pour les personnes présentant un TDL (Conti-Ramsden & Durkin, 2015) ; 2) il existe des programmes ayant des preuves empiriques pour soutenir le développement psychosocial de leur enfant (Yew & O’Kearney, 2013).

Référence

Vermeij, B. A. M., Wiefferink, C. H., Scholte, R. H. J., & Knoors, H. (2021). Language development and behaviour problems in toddlers indicated to have a developmental language disorder. International Journal of Language & Communication Disorders, 56(6), 1249–1262. https://doi.org/10.1111/1460-6984.12665

Références théoriques complémentaires :
Conti-Ramsden, G., & Durkin, K. (2015). What Factors Influence Language Impairment? Considering Resilience as well as Risk. Folia Phoniatrica et Logopaedica, 67(6), 293–299. https://doi.org/10.1159/000444750

Curtis, P.R., Kaiser, A.P., Estabrook, R. & Roberts, M.Y. (2019) The longitudinal effects of early language intervention on children’s problem behaviors. Child development, 90, 576–592.

Yew, S. G. K., & O’Kearney, R. (2013). Emotional and behavioural outcomes later in childhood and adolescence for children with specific language impairments: meta-analyses of controlled prospective studies. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 54(5), 516–524. https://doi.org/10.1111/jcpp.12009

Évaluation, Fait au Québec, Intervention, Langage - Dév., Préscolaire

Présentation de l’outil QLIF 3-6 : Questionnaire sur le langage et les impacts fonctionnels pour les enfants de 3 à 6 ans

Ce résumé a été rédigé par Elody Ross-Lévesque, orthophoniste et étudiante au doctorat et Chantal Desmarais, orthophoniste et professeure-chercheure en orthophonie (Université Laval). Merci à elles pour cette collaboration et pour leurs travaux de recherche menés au Québec sur le trouble développemental du langage.

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Pourquoi en parler ?

À la lumière de l’exercice Catalise (dont les conclusions sont résumées dans notre billet le plus lu de tous les temps: 40 000 vues !), la terminologie du trouble développemental du langage (TDL) a été proposée pour parler ce qui était auparavant appelé le « trouble primaire du langage » ou « trouble spécifique du langage » ou « dysphasie ». En plus d’être un trouble neurodéveloppemental présent depuis la naissance et non-associé à un diagnostic médical, les experts ont mis à l’avant-plan la notion d’impacts fonctionnels qui y est associée. En effet, pour conclure à un TDL, l’enfant doit présenter des difficultés suffisamment sévères pour engendrer des impacts fonctionnels. Ainsi, les recommandations proposées par Catalise nous amènent non seulement à mesurer les difficultés langagières, mais également à documenter les impacts de ces difficultés dans les activités du quotidien.

Bien que les orthophonistes documentent depuis longtemps ces impacts fonctionnels, par exemple par l’entremise de questions posées aux parents lors de l’entrevue d’anamnèse, il apparaît important de formaliser davantage la documentation des impacts fonctionnels et la façon d’en tenir compte dans les conclusions orthophoniques du TDL.

Un brin de méthodologie

Afin de développer un questionnaire permettant de documenter les impacts fonctionnels, une collaboration cliniciens-chercheurs a été mise en place en se basant sur une méthodologie de cycle d’application des connaissances en six étapes (Graham, et al., 2016). Au moment de la publication de ce résumé, les quatre premières étapes du cycle d’application des connaissances ont été réalisées.

Étape 1 : Définition du problème et sélection des connaissances pertinentes

L’équipe de recherche a d’abord cherché à mieux comprendre la notion de communication fonctionnelle. Pour ce faire, le modèle de classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF,2001) a été utilisé. Ce cadre permet de conceptualiser le fonctionnement et donc la fonctionnalité de façon plus large. La CIF peut donc être utile afin de concevoir le TDL et mieux caractériser, d’une part, ce qu’est la communication fonctionnelle, et d’une autre part, ce que sont des impacts fonctionnels.

Ensuite, les cliniciens et chercheurs ont analysé des outils donc le contenu pouvait contribuer à décrire des impacts fonctionnels d’un trouble du langage, par exemple, le FOCUS©-F, le profil pragmatique du CELF, un questionnaire inspiré du Mahvie, etc.

Étape 2 : Adaptation des connaissances au contexte local

Ils ont ensuite choisi les éléments les plus souvent présents dans les questionnaires et pouvant s’avérer utiles pour décrire les impacts.

Étape 3 : Évaluation des obstacles à l’utilisation des connaissances

Les cliniciens ont ensuite testé le questionnaire auprès de plusieurs clients âgés entre 3 et 6 ans et en collaboration avec des parents, des éducateurs de services de garde et des enseignants. L’équipe a ensuite modifié le questionnaire et les items s’y trouvant afin d’arriver à une version satisfaisante et améliorée, celle qui est maintenant disponible.

Étape 4 : Mise en œuvre

L’équipe du QLIF en est à une étape de diffusion du questionnaire et de validation auprès des utilisateurs, c’est-à-dire, vous, les orthophonistes !

Résultats

Le QLIF 3-6, soit le questionnaire du langage et des impacts fonctionnels pour les enfants de 3 à 6 ans, présente 16 items sur une échelle de Likert. L’outil permet de comparer un enfant aux autres du même âge.

Selon l’expérience de l’équipe de conception, le QLIF permet de :

  • Documenter les impacts fonctionnels de façon claire dans un vocabulaire accessible à tous pour avoir un portrait des impacts fonctionnels de l’enfant dans ces différents milieux de vie;
  • Favoriser l’échange entre le parent et l’orthophoniste dans le but d’arriver à une représentation partagée des forces et des difficultés de l’enfant sur le plan du développement du langage;
  • Amener le parent à faire des liens entre ce qui se passe dans le bureau de l’orthophoniste et la communication fonctionnelle de son enfant dans ses différents milieux de vie;
  • Guider les parents et l’orthophoniste dans le choix des objectifs prioritaires d’intervention.

Dans mon bureau

1. Je télécharge gratuitement, ma version du QLIF 3-6 ans ici.

2. J’utilise le QLIF lorsque je veux documenter les impacts fonctionnels des difficultés de langage chez un enfant, en remettant le questionnaire aux parents et/ou à l’éducateur/enseignant. Je fais ensuite un retour avec le parent pour clarifier certains points au besoin, et arriver à une vision commune de l’enfant.

3. Je prends en considération les résultats du QLIF et les constats tirés de la discussion avec les parents pour établir la conclusion orthophonique et pour choisir les objectifs d’intervention.

Référence et lien vers l’outil

Équipe : Clara Brassard-Gourdeau, Karine Champagne, Annie-Claude Lambert, Josée Madore et Catherine Maxès-Fournier,orthophonistes du programme «déficience du langage» du CIUSSS de la Capitale Nationale et Chantal Desmarais, orthophoniste et professeure-chercheure, Université Laval et Cirris/CIUSSS CN.

Évaluation, Intervention, Langage - Dév., Préscolaire, Scolaire

Définir et décrire la participation communicative des jeunes enfants avec un trouble du langage

Titre de l’article

A Multidisciplinary Delphi Consensus Study of Communicative Participation in Young Children With Language Disorders (Singer et al., 2020) *ARTICLE EN ACCÈS LIBRE !

Photo de cottonbro sur Pexels.com

Pourquoi en parler ?

Parce qu’il ne suffit pas de d’évaluer et d’intervenir sur les capacités langagières des enfants avec un trouble du langage. Les orthophonistes doivent aussi s’intéresser à comment ces enfants sont capables d’utiliser leurs capacités langagières pour communiquer au quotidien. Améliorer la communication du quotidien devrait être l’ultime objectif des interventions orthophoniques.

Un brin de méthodologie

Le but de cette étude était 1) d’établir le consensus sur une définition de la « participation communicative » des enfants de 2 à 8 ans qui ont un trouble du langage et 2) d’identifier des comportements qui permettraient d’apprécier cette participation communicative.

Une étude Delphi anonyme en ligne a été réalisée avec 47 personnes (des parents, des enseignants, des orthophonistes, des chercheurs…). La recherche a été réalisée aux Pays-Bas en néerlandais. Les énoncés ont été transcrits en anglais pour la publication de l’article.

Résultats et discussion

Définition
79% des participants ont jugé que que cette définition de la participation communicative était bonne ou très bonne : « La participation communicative est de comprendre et d’être compris dans un contexte social, en utilisant des habiletés de communication verbales et non-verbales. »

Comportements
La sélection finale contient 33 items chacun décrivant un comportement de la participation communicative. Les items retenus devaient notamment avoir été évalué « bon » (score = 2) ou « très bon » (score = 1) sur une échelle Likert de 7 points. Voici les 33 comportements retenus :

SECTION 1 : Comprendre les autres
1. L’enfant comprend les explications correspondant à son âge développemental.
2. L’enfant demande une explication quand il/elle ne comprend pas quelqu’un.
3. L’enfant porte attention à ce qu’une autre personne dit.
4. L’enfant vérifie s’il/elle a compris le message correctement.
5. L’enfant comprend les messages non-verbaux des autres personnes.

SECTION 2 : Être compris
6. L’enfant exprime ses désirs et ses souhaits.
7. L’enfant peut s’exprimer verbalement et non-verbalement de manière à être compris
8. L’enfant raconte clairement une histoire à propos de ce qu’il/elle a fait.
9. L’enfant transmet son message d’une autre manière lorsqu’il n’est pas compris.
10. L’enfant communique sans l’aide des autres.
11. L’enfant demande de l’aide quand il/elle en a besoin.
12. L’enfant exprime ses pensées et ses émotions avec le langage.
13. L’enfant est soucieux (en anglais : considerate) pour son partenaire de communication
14. L’enfant pose des questions lorsqu’il/elle veut savoir quelque chose.
15. L’enfant exprime ses pensées et ses émotions non-verbalement.
16. L’enfant formule son message avant que l’autre personne perde l’intérêt.
17. L’enfant donne son opinion.
18. L’enfant clarifie ce qu’il/elle veut dire quand il/elle n’est pas compris.
19. L’enfant répète son message quand il/elle n’est pas compris.

SECTION 3 : Interagir avec les autres
20. L’enfant établit des liens avec les autres enfants et les adultes.
21. L’enfant se montre ferme dans les situations sociales.
22. L’enfant résoud des conflits en utilisant des mots.
23. La communication (non-)verbale de l’enfant est réciproque.
24. L’enfant initie la communication
25. L’enfant écoute et répond adéquatement.
26. L’enfant se défend lui/elle-même
27. L’enfant échange de l’information efficacement avec son environnement.
28. L’enfant établit ses limites de manière socialement acceptable.
29. L’enfant s’assure que sa communication convient à la situation.
30. L’enfant participe aux conversations.
31. L’enfant peut discuter d’un problème avec les autres.
32. L’enfant peut dire aux autres ce dont il/elle a besoin pour communiquer.
33. L’enfant invite les autres enfants à jouer.

Dans mon bureau

√ Je m’inspire de cette liste de comportements pour compléter mon questionnaire d’anamnèse et établir le dialogue avec les parents : qu’est-ce qu’ils trouvent difficile ? qu’est-ce qui est plus facile pour leur enfant ?

√ Je peux aussi utiliser les résultats pour favoriser la prise de décision partagée lors du choix des objectifs d’intervention. Quelles priorités les parents identifient-ils ? Certains enfants plus âgés peuvent même être interrogés sur leur perception de ce qui est facile et difficile pour eux.

Référence complète *ARTICLE EN ACCÈS LIBRE !

Singer, I., Klatte, I. S., Welbie, M., Cnossen, I. C., & Gerrits, E. (2020). A multidisciplinary delphi consensus study of communicative participation in young children with language disorders. Journal of Speech, Language, and Hearing Research63(6), 1793–1806. https://doi.org/10.1044/2020_JSLHR-19-00326