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Billet spécial : Attention au DSM-5 francophone

DSM.jpgLa cinquième édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorder (DSM-5) a été publiée par l’American Psychiatric Association (APA) en 2013. L’APA indique que le DSM sert à définir et classer les problèmes de santé mentale afin d’améliorer les diagnostics, les traitements et la recherche.

Certains orthophonistes ont peut-être déjà eu connaissance qu’une erreur s’était glissée dans la traduction francophone :

Le « speech sound disorder » a été traduit en français par « trouble de la phonation ».

L’expression « trouble des sons de la parole » serait une meilleure traduction. Il est donc important de rester vigilant et de faire de l’éducation auprès des autres intervenants qui pourraient employer erronément ces termes. On espère que l’erreur sera corrigée pour la sixième édition.

Notez que le DSM-5 est un livre qui est critiqué, notamment par le directeur de la quatrième édition, Allen Frances.

 

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Intervenir de 0 à 25 ans

C’EST QUOI ?

CTUne base de données qui regroupe les interventions destinées aux personnes de 0 à 25 ans avec des difficultés de parole, de langage ou de communication. Un panel de cinq experts juge si les interventions soumises sont intégrées à la base de données.

QUI EST DERRIÈRE CETTE INITIATIVE ?

What work’s est une initiative du Communication Trust au Royaume-Uni. Communication Trust est un consortium de 50 organismes qui a pour but de faire connaître les difficultés de parole, de langage et de communication au grand public et aux décideurs ainsi que de soutenir tous les intervenants qui travaillent auprès de cette clientèle afin qu’ils adoptent des interventions efficaces.

COMMENT ÇA FONCTIONNE ?

Pour effectuer une recherche dans la base de données, voici les étapes à suivre :

Étape 1 : Se créer un compte

Étape 2 : Se connecter

Étape 3 : Lire les avertissements avant consulter la base de données.

Étape 4 : Rechercher via la base de données. Il est possible d’effectuer des recherches selon les critères suivants : le domaine (parole, langage ou communication), l’âge des clients, le palier d’intervention (universelle, ciblée, spécialisée), le format, le niveau de preuve et la personne qui interviendra (enseignant, orthophoniste, etc.).

Bonne recherche et bonne lecture !

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Construire le consensus sur le trouble du langage : 59 experts se prononcent

Titre de l’article CATALISE: A Multinational and Multidisciplinary Delphi Consensus Study. Identifying Language Impairments in Children,  D. V. M. Bishop, Margaret J. Snowling, Paul A. Thompson, Trisha Greenhalgh (2016)

 

 

Pourquoi en parler ? : Parce que le trouble du langage est une clientèle courante en orthophonie et que la recherche sur le sujet est en plein essor ! Les auteurs de l’article ont créé un panel d’experts afin d’établir un consensus concernant l’identification du trouble du langage.

Un brin de méthodologie : 

46 énoncés ont été soumis à 59 experts de six pays. Lors de la première phase, les experts devaient évaluer les énoncés selon leur pertinence et leur validité sur une échelle de sept points. Les participants pouvaient aussi commenter les énoncés. Les deux premiers auteurs ont modifié les énoncés selon les réponses reçues avec, comme objectif, de rallier le plus d’experts possible. Lors de la deuxième phase, 27 énoncés modifiés ont été soumis au panel d’experts. Les participants devaient alors indiquer leur degré d’accord avec l’énoncé. Les 24 énoncés rapportés dans l’article sont ceux qui ont obtenu 80% du temps les réponses « en accord » ou « fortement en accord ». Lors de ce dernier tour, les participants pouvaient commenter les énoncés.

Résultats :

Voici, en vrac, 7 des 24 énoncés rapportés dans l’étude qui font consensus auprès de 80% des experts consultés. Chaque énoncé est commenté dans l’article et nous vous invitons à aller le lire pour mieux comprendra la pensée des auteurs et les nuances apportées. 

*J’ai tenté de traduire du mieux possible les énoncés présentés dans ce billet. J’invite fortement les lecteurs à consulter directement l’article pour avoir accès aux énoncés originaux. N’étant pas traductrice, certaines erreurs ont pu se glisser et affecter la signification du texte d’origine. Bonne lecture ! – Marie-Pier

1. Lorsque quelqu’un (éducatrice, parent, enseignant, professionnel de la santé) s’inquiète de la parole, du langage ou de la communication d’un enfant, celui-ci devrait être référé pour une évaluation. Un manque de progrès académiques, malgré l’aide offerte en classe, est aussi une situation qui nécessite une référence.

Les auteurs recommandent de se fier aux inquiétudes de l’entourage pour effectuer les références plutôt que d’organiser un dépistage universel.

2. Puisque les difficultés de langage peuvent passer inaperçues, l’évaluation du langage est recommandée pour les enfants qui présentent des difficultés de comportement, des difficultés psychiatriques et pour les enfants qui ont des difficultés de compréhension en lecture.

12. Il n’existe pas de distinction claire qui permette de séparer les troubles du langage d’une performance à la limite inférieure de la normale.

Les auteurs soulignent que plusieurs enfants identifiés comme ayant un trouble du langage performent au-dessus du  » -1 écart-type » sur plusieurs tests de langage usuels. Cela suggère que les instruments de mesure du langage ne permettent pas de détecter les troubles du langage qui affectent les activités de la vie quotidienne.

15. Il n’y a PAS de profil langagier « typique » pour les enfants issus de milieux défavorisés.

Le développement du langage est influencé par l’environnement social et linguistique. Certains experts indiquent qu’un profil hétérogène entre les différentes composantes du langage (ex. : des difficultés sémantiques sévères, mais un développement phonologique dans la normale) serait un indicateur de trouble du langage alors qu’un profil plus homogène (toutes les composantes du langage atteintes de manière égale) indiquerait que les difficultés sont causées par une exposition langagière inadéquate. Toutefois, la recherche ne supporte pas cette idée. Bien que la recherche indique que certaines composantes du langage soient plus sensibles à la stimulation offerte par l’environnement (ex.: vocabulaire), les connaissances ne permettent pas de distinguer les enfants dont les difficultés de langage sont d’origine « sociale » des enfants chez qui les difficultés de langage sont causés par autre chose. Les facteurs de risque sociaux et les autres facteurs de risque peuvent être présents chez un même enfant et il peut y avoir interaction entre ceux-ci.  

21. Les difficultés de langage arrivent souvent en concommitance avec d’autres difficultés d’origine neurodéveloppementales : difficultés d’attention, difficultés motrices, difficultés de lecture, difficultés sociales et difficultés de comportement.

En clinique, il est fréquent que les enfants aient plus d’une difficulté et ceci ne devait pas être une raison pour ignorer les difficultés de langage. Les difficultés de langage peuvent affecter le pronostic et les stratégies d’intervention utilisées.

22. Beaucoup de recherches ont étudié les enfants avec des difficultés de langage »pures » en utilisant des critères d’exclusion multiples. Toutefois, en clinique, accorder de l’attention uniquement à ces cas « purs » n’est pas approprié car la plupart de ces enfants ont également d’autres difficultés. 

23. De manière générale, le trouble du langage devrait être identifié et nommé qu’il y ait ou pas un écart entre les habiletés verbales et non-verbales. Quand un enfant a un trouble du langage et des pauvres habiletés non-verbales (ou encore des limitations significatives dans ses comportements d’adaptation), le premier diagnostic posé devrait être une déficience intellectuelle et le second diagnostic, un trouble de langage.

D’office, les auteurs indiquent que cet énoncé est le plus controversé de tous les énoncés présentés dans l’article. Toutefois, les auteurs l’incluent car il est basé à la fois sur l’opinion de la majorité des experts et il est supporté par les données issues de la recherche. Les auteurs indiquent, entre autre, que chez les enfants avec des difficultés de langage, les habiletés non-verbales ne sont ni prédictives du potentiel, ni prédictives de la réponse à l’intervention. Également, l’écart entre les scores (des habiletés verbales et non-verbales) est tellement instable à travers le temps qu’il ne peut pas servir à établir un diagnostic de trouble du langage, ni à classer les enfants selon des profils. Enfin, certains enfants avec de faibles habiletés non-verbales ont un langage adéquat. Ceci contredit la notion voulant que de faibles habiletés non-verbales limitent le développement du langage. Limiter l’intervention uniquement aux enfants qui ont un écart important entre les scores verbaux et non-verbaux implique qu’on refuse de desservir les enfants ayant les besoins les plus étendus et les plus sévères.

 

Dans mon bureau : 

– Parce que l’article est en accès libre, qu’il est facile à lire et qu’il permet de faire le point sur le sujet, nous vous incitons à aller le consulter, à le partager et à en discuter avec vos collègues et vos gestionnaires !

– L’article contient de multiples références très intéressantes. Au besoin, n’hésitez pas à consulter la bibliographie !

Références:

Bishop DVM, Snowling MJ, Thompson PA, Greenhalgh T, CATALISE consortium (2016) CATALISE: A Multinational and Multidisciplinary Delphi Consensus Study. Identifying Language Impairments in Children. PLoS ONE 11(7): e0158753. doi:10.1371/journal.pone.0158753

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La thérapie vocale est-elle efficace chez les enfants d’âge scolaire ?

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Une bande dessinée qui informe !

Connaissez-vous le blogue «Le Pharmachien»?

Il s’agit d’un blogue adressé au grand public qui a pour mission d’encourager les gens à développer leur sens critique et à faire de meilleurs choix en matière de santé. Ce pharmacien de formation s’attaque aux mythes scientifiques et médicaux de façon visuellement vivante, sous forme de bandes dessinées utilisant du langage très accessible et vulgarisé. Personnellement, je consulte son site très régulièrement et j’y apprends constamment de nouvelles informations de façon ludique.

Ce matin, on vous propose de lire sa récente bande-dessinée sur les études cliniques et, surtout, de porter attention aux rubriques mauves où des conseils sont donnés pour développer un sens critique face aux résultats d’articles scientifiques. Un excellent travail de vulgarisation, les conseils sont clairs, concrets et faciles à appliquer. Et, en plus, les dessins de la BD vous feront certainement pouffer de rire au passage !

On vous encourage à mettre en pratique ces précautions lors de lecture d’articles et même lors de la lecture de nos résumés sur le blogue (écrivez-nous, questionnez-vous, questionnez-nous, il s’agit de la meilleure façon pour tous d’aiguiser leur sens critique !)

Pour lire la BD, cliquez sur: «Comment faire dire tout ce qu’on veut aux études cliniques»

Bonne lecture !

Mélissa

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(www.lepharmachien.com)

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Revue canadienne d’orthophonie et d’audiologie (OAC): édition été 2015

La nouvelle édition de la revue canadienne d’orthophonie et d’audiologie de l’OAC est maintenant disponible ! Avez-vous déjà reçu votre courriel de notification de la part de l’OAC ? Sinon, nous vous encourageons fortement à vous inscrire en ligne (cliquez içi) gratuitement pour recevoir un courriel lorsqu’une nouvelle édition est publiée. Des articles s’y retrouvent parfois en français et tous les articles sont toujours gratuits !

Téléchargez l’édition été 2015 dans  son intégralité en cliquant içi

Ou accédez à des articles précis de l’édition en parcourant les titres suivants…

Article disponible en français dans son intégralité (issue de chercheurs québécois!):

Développement et validation d’un outil de mesure – Évaluation des facteurs environnementaux influençant la participation sociale des élèves du primaire présentant un trouble de la communication
Claire Croteau, Claudia Morin, Mylène Fournier, Guylaine Le Dorze, Alexandra Tessier, Julie Mclntyre, Véronique Tremblay, Valérie Choquette

Exposé de position d’OAC sur le rôle des orthophonistes et les CAA

Le rôle des orthophonistes par rapport à la communication améliorée et alternative (CAA)

Articles en anglais (avec abrégé en français):

Apprentissage de séquences non verbales dans des conditions de tâches simples et doubles chez des adultes qui bégaient
Kim R. Bauerly, Luc F. De Nil
Remarque : les articles pour la RCOA sont toujours reproduits dans leur langue d’origine. Pour cet article, seul l’abrégé est disponible en français.

Analyse segmentée des comportements de fixation du regard sur une élocution fluide et une élocution bégayée
Daniel Hudock, Andrew Stuart, Tim Saltuklaroglu, Jianliang Zhang, Nicholas Murray, Joseph Kalinowski, Nicholas Altieri
Remarque : les articles pour la RCOA sont toujours reproduits dans leur langue d’origine. Pour cet article, seul l’abrégé est disponible en français.

L’usage de la tympanométrie à 1 000 Hz pour le dépistage de la surdité chez les bébés se trouvant dans les unité des soins intensifs pour nouveau-nés
Li Qi, Brian Schmidt, Mosarrat Qureshi, Leonora Hendson, Ming Zhang
Remarque : les articles pour la RCOA sont toujours reproduits dans leur langue d’origine. Pour cet article, seul l’abrégé est disponible en français. 

 

Bonne lecture et merci à l’OAC pour ces articles gratuits !

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Prix Innovation-Desjardins 2015 !

Nous sommes fières de partager que notre blogue «Tout cuit dans le bec» a reçu le prix Innovation-Desjardins 2015 remis par l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ) !

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Sur la photo, de gauche à droite:
Mme Isabel Cousineau, conseillère en gestion de partenariats professionnels de Desjardins
Mme Marie-Pier Gingras, orthophoniste et récipiendaire du prix
Mme Mélissa Di Sante, orthophoniste et récipiendaire du prix
Mme Marie – Pierre Caouette, présidente et directrice générale de l’OOAQ

Créé l’an dernier avec le soutien de Desjardins, le prix Innovation de 3000 $ vise à encourager l’esprit d’entrepreneuriat, la créativité, le dynamisme et l’engagement dans la réalisation d’un projet novateur contribuant à la protection du public pour l’amélioration de la qualité des services à la population. Mmes Marie-Pier Gingras et Mélissa Di Sante, orthophonistes, ont reçu ce prix pour l’impact positif sur la qualité de la pratique professionnelle de leur blogue de vulgarisation scientifique « Tout cuit dans le bec »

Il s’agit d’une belle reconnaissance qui amorce en beauté le début de cette deuxième année pour le blogue, créé depuis déjà un an exactement, en juin 2014. Depuis sa création, plusieurs cliniciens nous ont écrit pour partager leur appréciation du blogue ainsi que leurs «bons coups» au niveau de l’intégration des faits scientifiques à leur pratique clinique. Plusieurs nous disent que, depuis qu’ils sont abonnés au blogue, ils lisent davantage d’articles scientifiques et trouvent qu’il est plus facile d’intégrer les faits scientifiques à leur pratique, et ce genre de commentaire nous va droit a cœur puisqu’ils correspondent à la mission principale du blogue.

Merci de nous lire et bonne continuité à tous nos lecteurs dans leur intégration des données probantes à leur pratique clinique !

Mélissa & Marie-Pier